Prise en Charge de la Consommation de Drogues au cours de la grossesse

Le 20 septembre 2017, Ottawa – La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) publie aujourd’hui une directive clinique révolutionnaire pour sensibiliser les professionnels de la santé à la façon de prendre en charge la consommation de drogues de leurs patientes pendant la grossesse. Même si les risques pour la santé du fœtus sont bien connus, au moins 11 % des Canadiennes avouent fumer ou boire de l’alcool pendant la grossesse et 1 à 2 % admettent consommer des opioïdes et du cannabis.

« Ces situations peuvent être très difficiles », explique la directrice scientifique de la SOGC, Dre Jocelynn Cook. « La réduction efficace des dommages exige de montrer aux professionnels comment employer des stratégies de soutien dépourvues de jugement qui varient grandement selon le type de dépendance. Ultimement, les soins, y compris la prise en charge médicale des symptômes de sevrage, permettront à la mère et au bébé de jouir de meilleurs résultats quant à leur santé ».

Il est recommandé dans la directive clinique que les fournisseurs de soins périnataux travaillent en étroite collaboration avec des spécialistes en toxicomanie pour cesser la consommation d’alcool et d’autres substances ainsi que le tabagisme pendant la grossesse. Même si de nombreux fournisseurs de soins de santé demandent régulièrement aux patientes si elles consomment ces substances pendant qu’ils sont responsables de leurs soins, ils n’emploient pas typiquement ni systématiquement des outils de dépistage; ils n’orientent pas non plus ces patientes vers d’autres ressources de traitement. Il est indiqué dans la directive clinique que les femmes sont souvent motivées à modifier leurs comportements néfastes pendant la grossesse; il s’agit alors d’un moment idéal pour les fournisseurs de soins de santé d’intervenir avec efficacité.

« Les femmes enceintes qui consomment des drogues sont aussi à risque élevé de contracter de nombreuses maladies infectieuses, surtout lorsqu’elles s’injectent des drogues », précise Dre Blake, directrice générale de la SOGC. « Un bon nombre d’entre elles souffrent également de troubles mentaux, y compris de dépression. Les soins exhaustifs et la communication créent un environnement de soutien pendant le travail, l’accouchement et la période post-partum. Non seulement cette attitude améliore-t-elle les résultats, mais elle sauve des vies ».

Les stratégies de prise en charge sont les suivantes :

Trouble lié à la consommation de nicotine — interventions de cessation, notamment la thérapie de remplacement de la nicotine ou la pharmacothérapie, lorsque la consultation ne donne aucun résultat.

Troubles liés à la consommation d’opioïdes — les soins standards sont la prise en charge médicale avec la méthadone ou la buprénorphine au lieu d’une cure de désintoxication contre les opioïdes pendant la grossesse.

Trouble lié à la consommation de cannabis — conseils aux patientes enceintes relativement aux troubles comportementaux et cognitifs à long terme pour les enfants qui y sont exposés.

Le numéro du JOGC du mois de septembre comporte la Directive clinique de consensus sur la consommation d’alcool et la grossesse qui affirme de nouveau un principe déjà établi, c’est-à-dire qu’aucune quantité d’alcool consommée pendant la grossesse n’est « sécuritaire ». Il a toutefois été confirmé que les enfants et les jeunes atteints de troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) affichent des résultats de santé et de qualité de vie considérablement inférieurs à ceux des autres qui n’y ont pas été exposés. Il est recommandé dans la directive clinique d’effectuer un dépistage universel de la consommation d’alcool chez les femmes enceintes et de mettre en œuvre des stratégies de réduction des torts dans les cas où la consommation d’alcool se poursuit.

La SOGC partage ces modèles de soins avec les médecins et les autres fournisseurs de soins de santé au pays afin qu’ils puissent offrir de meilleurs soins aux femmes enceintes qui consomment des drogues et de l’alcool. La SOGC incite fortement les femmes à communiquer avec leur médecin pour obtenir un traitement.

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Anne Trueman
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